Duel
Un petit clin d’œil: cette semaine, j’ai reçu un message d’un maître d’armes qui me “défie en combat singulier” à l’épée mortuaire. Je suis restée surprise sur le coup, me demandant en quoi je l’avais indisposé au point qu’il me lance un duel. Cela doit être des réflexes bien européens qui me font dire qu’un duel judiciaire ou plus tardivement, un duel d’honneur était exigé pour laver un affront ou encore un crime. Il est évident que sans me dérober, j’ai accepté son invitation mais avec un délai d’entraînement. Je crois que cela aurait pu être amusant ![]()
Comme je l’écrivais, j’escrime avant tout pour me relaxer, pour apprendre et échanger. C’est un art noble et je crois que les véritables duels ont laissé leur place à des pratiques amicales et des rencontres cordiales disons. Après clarifications avec ce maître d’armes que je respecte grandement, il s’avère qu’il voulait simplement échanger avec moi. Ouf, ma tête ne va pas encore rouler à terre tout de suite
Moi, petite débutante à l’escrime. Hihihi. Gloups.
J’ai raconté cela à une amie finissante en droit. Elle était amusée et s’est donné la peine de ressortir des extraits de lois qui régissent la vie ici au Canada.
J’ai donc appris qu’un article du Code Criminel du Canada interdit les duels. Le saviez-vous?
art. 71 C.cr: “Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de deux ans quiconque, selon le cas:
a) défie, ou tente par quelque moyen de provoquer une autre personne à se battre en duel;
b) tente de provoquer une autre personne à défier quelqu’un en duel;
c) accepte un défi de se battre en duel.”
On a bien ri toutes les deux, je l’avoue, car il s’agit d’un article du Code qui est très ancien bien entendu. Malgré tout, c’est un langage que nous utilisons fréquemment lors de pratiques d’escrime. Nous organisons parfois des duels… qui en fait n’en sont pas. Il ne s’agit pas de régler un différend, mais bien d’échanger avec un adversaire. Souvent, ces duels se déroulent dans un système de “non touche” et parfois dans un système de touche. En clair, on peut toucher ou non notre adversaire avec notre lame. Il est évident que la touche doit être légère et ne pas provoquer de blessures.
Alors voilà, je voulais conserver la teneur des échanges de ce courrier dans mon archive. Je crois qu’il est toujours intéressant de savoir qu’un escrimeur qu’il soit maître d’armes ou simple débutant désire échanger avec d’autres escrimeurs. Peu nombreux sont les pratiquants qui ont cette ouverture d’esprit. Certains le disent, d’autres le font. L’ouverture se traduit souvent dans des gestes concrets. Comme ce maître d’armes qui me contacte moi, petite débutante que je suis, pour échanger. C’est chouette. Il faut apprécier cela je crois.