Bouclier

Posted in Journal d'escrime on novembre 1, 2009 by nibelung

Mardi passé, j’ai rencontré Simon dans le Parc des Vieux Moulins à Terrebonne. Nous avons escrimé tous les deux avec nos bokken et surtout… j’ai appris à éviter ses coups avec le magnifique bocle qu’il m’a offert. Bon là, j’y vais de mémoire. Selon le manuel I.33, le bocle est un petit bouclier qui se manie de pair avec l’épée une main ou épée courte.

Chez Les Duellistes, c’était Pascal Thériault qui était le Maître d’Armes de l’épée une main. C’est un maître qui a une connaissance approfondie de son art et qui a pratiqué assez longtemps l’escrime moderne à ce que j’en sais. Je crois savoir que cet été, il a quitté Les Duellistes pour poursuivre l’apprentissage et l’enseignement de son art de son côté. C’est une démarche qui est saine je crois. Il s’entraîne dans une salle d’armes et Simon se pratique avec lui et une gang de pratiquants de temps à autres. C’est une chance que de pouvoir pratiquer auprès de différents maîtres d’armes… L’essentiel est de toujours conserver à l’esprit d’où on vient, respecter qui nous a enseigné, respecter les autres pratiquants et surtout se respecter :) Se souvenir de notre cheminement est important je crois. Rester loyal envers nos maîtres d’armes l’est également… en évitant de comparer les différents systèmes d’escrime qui nous sont enseignés ou pire, de comparer nos maîtres d’armes. Qui sommes-nous pour les juger après tout? Je crois que quelque chose de fondamental demeure moi: une forme de loyauté et de respect au travers des apprentissages et même des divergences d’opinion. C’est tellement important pour moi cela dans l’escrime. Cet esprit qui doit m’animer se doit être empreint de respect le plus possible. Cela veut dire: s’abstenir de commentaires désobligeants inutiles ou blessants, s’abstenir de toute comparaison, souligner mes apprentissages et le bon dans chaque maître d’armes que la vie m’amène à croiser. Nous sommes des êtres humains imparfaits par nature… mais nous avons la responsabilité de reconnaître nos limites et de tenter de corriger nos écarts ou notre imperfection pour tendre vers plus de perfection je crois.

Simon m’a montré à dévier des coups d’épée à l’aide du bocle qu’il m’a offert. J’ai eu beaucoup de plaisir à le manier. C’est difficile de maintenir une stabilité, car à la moindre incartade, l’épée glisse sur le bocle et risque de nous estoquer ou de nous trancher… il faut être très prudent et rapide je crois en manipulant un bocle… mais je crois que cela constitue un atout certain dans un combat. C’est quelque chose que je dois développer…

Dans les prochaines semaines, j’aimerais me procurer un gambison et une épée une main en bois. Je vais attendre un peu avant d’acheter une Albion une main… car je ne sais pas si je vais me sentir confortable à la manipulation d’une épée une main. C’est très différent de la pratique à l’épée longue à deux mains, clairement. Je ne suis pas une personne qui manipule facilement un élément différent dans chaque mains. Mon cerveau est encore en mode: “deux mains sur mon épée longue” et pas du tout “une main sur une épée courte et une main sur un bocle”. C’est tellement différent ouf. Je ne sais pas si je vais être très habile au maniement de ces deux armes… plutôt que par le maniement d’une seule arme tel que je suis habituée maintenant. Nous verrons. Pour l’instant, c’est plus une exploration qu’une volonté de prendre des cours. Je tente de savoir si je vais aimer ça.

Pour le moment, mon doctorat et mon enseignement comme professeur à l’université me prennent beaucoup de temps. Je fais mon possible pour escrimer de temps à autre, mais je ne suis pas une sur-femme… je n’ai pas encore développé le don d’ubiquité ;)

Sur ce, voici mon bocle:DSCN4009

Les Duellistes

Posted in Les Duellistes on septembre 4, 2009 by nibelung

Ah bien il y a quelques jours j’ai appris que l’école d’escrime ancienne Les Duellistes a changé de salle d’armes. Ils sont à présent situé dans le quartier Parc-Extension sur la rue Beaumont. La salle possède des douches et semble très fonctionnelle. Je ne crois pas me réinscrire à des cours en groupe pour l’instant: j’ai un horaire très chargé à l’université à la fois comme enseignante et comme étudiante. Néanmoins, je suis contente, car Patrick de Marchi offre des cours privés. Je crois que j’en prendrai quelques uns cet automne: cela me permettra de m’entraîner et de progresser en matières de connaissances escrimales. C’est un maître d’armes savant et efficace :)
J’ai vu également qu’ils ont mis des vidéos sur Youtube:
Garde du toit
Vidéo promotionnel
Site web de l’école

Mortuaire Hanwei

Posted in Journal d'escrime on septembre 4, 2009 by nibelung

Bien, alors voilà… ma mortuaire a été réparée par l’armurier L’Archevêque de Beauport, bourgade qui se situe un peu en haut à droite de Québec. Je suis vraiment très contente, car mon ami Marc-André G. a pu aller chercher mon arme à l’atelier de l’Archevêque et me la ramener dans la région montréalaise. Quelle chance: cela m’a évité de faire un aller-retour de 5h. Mon arme est à nouveau fonctionnelle et plus sécuritaire qu’elle ne l’était à son achat. L’armurier a dû forger un nouveau rivet ainsi qu’une partie de la soie qui était brisée. Cela a coûté 80$, mais mon arme est en parfait état de marche à présent. C’est vraiment du beau travail: je continuerai de collaborer avec L’Archevêque qui est talentueux et humble. Je garderai précieusement son adresse pour tout achat ultérieur: c’est quelqu’un de fiable. Je ne le connaissais pas avant de lui remettre ma mortuaire entre les mains, mais c’est mon maître d’armes qui me l’avait recommandé auparavant. Donc à présent, je peux compter sur un armurier qui ne se dit pas maître forgeron, mais qui dans les faits en est un :)
DSCN3990

Il y a quelques jours, Simon est venu me voir. Nous avons soupé et “joué” un peu avec nos bokken. J’adore escrimer avec lui, c’est toujours stimulant pour moi. Disons qu’il a un esprit vif et créatif qui me plaît beaucoup, car il trouve toujours des manoeuvres rapides et efficaces pour venir m’estoquer. Il m’a ramené un poteau d’entraînement qu’il a construit en bois pour moi. Cette semaine je l’ai complètement vernis pour qu’il puisse rester dehors. Malheureusement, j’ai dû retirer les éléments de rembourrage qu’il avait mis autour du poteau d’entraînement: mousse, jute et corde. Je crains que ces éléments ne conservent l’eau, ce qui accélèrera le pourrissement du bois. Je suis bien contente, car nous avions encore du dallage qui a pu servir de base pour isoler le poteau de la terre et de l’herbe. Je crois que je vais pouvoir utiliser ceci comme cible immobile pour m’entraîner un peu.

À l’automne passée, je demeurais encore à Montréal et j’allais m’entraîner à la nuit tombée dans le petit parc face à chez moi. Il y avait là des poteaux de métal et je m’amusais à éviter de les toucher avec mon épée deux mains. Cela me faisait suer je peux le dire. Je m’imposais de faire 5 à 10 push up à chaque touche. Évidemment, chaque fois que ma lame touchait le poteau de métal, il y avait un son clair qui me faisait lever les yeux au ciel de dépit envers mon manque de maîtrise et de justesse de mes coups. N’apprend-t-on pas dans l’adversité? Cela me fait bien rire, car je demeure dans un système de non-touche héritage de l’école Les Duellistes, ce qui m’amène à mieux contrôler mon épée malgré son poids et la vélocité de mes coups… alors que si j’escrimais avec la Bannière Noire, je me situerais dans un système de touche. Néanmoins, peu importe le système, je crois que ce sont de bons exercices à réaliser que de répéter mentalement et physiquement des techniques et des tactiques face à une cible immobile pour bien juger de la distance surtout lorsque la fatigue s’installe. La fatigue s’installe surtout lorsque cela fait 10 fois que tu touches le poteau et que tu as fait entre 50 et 100 push up… là, tu as mal aux bras et tu veux juste t’asseoir et rager un peu sur ton sort. lol.

DSCN3991
Pour des exercices seuls sur cible immobile: vidéo Les Duellistes

L’Archevêque

Posted in Journal d'escrime on août 25, 2009 by nibelung

Alors voilà, j’ai reçu un courriel hier de mon armurier, L’Archevêque. Ma mortuaire est prête: il me faudra aller la récupérer à Beauport, ville proche de Québec. La réparation va me coûter 80$ finalement pour remettre en état le panier et le pommeau. Je suis contente, mais je le serai encore plus quand je pourrai soupeser mon arme fonctionnelle à nouveau dans mes mains :)
Malheureusement, je ne pourrai pas me rendre à Québec avant le 5 septembre prochain. Il faudra donc que je patiente: c’est le désavantage de vivre loin de cette ville qui possède de nombreux artisans visiblement. Je vais prendre mon arme en photo et l’archiver ici… pour immortaliser le tout lol. Je suis vraiment satisfaite ce matin d’apprendre que mon arme est prête… j’ai hâte de la manipuler à nouveau: c’est une arme majestueuse et versatile. J’adore la manier à un tel point que cela m’a donné le goût de prendre des cours d’épée une main!

Archives personnelles

Posted in Introduction, Journal d'escrime on août 24, 2009 by nibelung

Ces derniers jours, j’ai fait pas mal de ménage dans ce que j’écris sur le Web. J’en suis contente et fière.
Ce journal va demeurer dans sa forme actuelle un lieu d’archivage en matière d’escrime afin de garder mémoire de ce que j’apprends. Ce n’est pas un lieu de partage ou d’échange: c’est un blog et pas un forum. Il s’agit d’un espace où je stocke de l’information pour mieux pouvoir la récupérer grâce à cette interface et me souvenir.
Aucun cahier de note ne permet de stocker des photos, des vidéos, des écrits en un seul endroit, mais un blog le peut. Alors je poursuivrai cet archivage, cette écriture de mes apprentissages sans intention de polémique, d’opposition ou de contestation aucune. Aucun esprit éllitiste ne m’habite: “je suis ma propre école” disait un ami.
Cet espace est une partie de ma mémoire escrimale. Il est conçu pour me faciliter la tâche, dans un but précis de révision et d’étude et il en sera ainsi.

Armurier

Posted in Journal d'escrime on août 9, 2009 by nibelung

J’ai pris contact avec L’Archevêque, un armurier de renom dans la région de Québec. Je voulais qu’il puisse examiner ma mortuaire endommagée pour la réparer si possible. Il s’agit de la HanWei qui s’est brisée aux Médiévales de Bégin. Grosso modo, il m’a dit qu’un ami soudeur pourrait agrandir légèrement les trous dans le pommeau pour placer des vis de retenue du panier afin de régler le problème de la vis brisée dans le pommeau.
En ce qui concerne le rivet en goutte qui s’est perdu dans le sable de la lice en plein combat, il faudra en forger un neuf. Il va s’en charger lui-même. Il m’a montré que la soie de la lame (partie de la lame vive qui entre dans la poignée de l’épée et qui est rivetée en goutte dans le pommeau) s’est brisée à cause d’une soudure mal faite à cet endroit. D’après la couleur du métal, la soudure n’a pas été faite assez profondément, ce qui a amené la soie à se briser. Il s’agit d’un défaut de fabrication de cette forge chinoise pourtant renommée qu’est HanWei.
Il m’a précisé plusieurs choses au sujet de ma rapière:
- il est impossible de savoir si la lame a été forgée en un seul morceau et si d’autres soudures qui pourraient lâches sont présentes sur celle-ci. C’est une particularité des lames vive que l’on achète sur le marché mondial présentement: aucune standardisation. Lorsque l’on combat avec une lame de métal, tout et n’importe quoi peut arriver d’après son expérience. Cela dépend de la qualité du forgeron. Il est à noter que L’Archevêque ne forge pas de lame justement à cause de la complexité de la fabrication et des conséquences fâcheuses qu’un bris pourrait engendrer (blessures).
- une refonte du rivet en goutte avec la soie pourra tenir un certain temps. La lame ne partira pas seule sur mon adversaire, car son ami soudeur fait du bon travail, mais également par la présence d’une pièce en métal à la base du panier qui retiendra la lame quoiqu’il arrive. La chose la plus probable serait que le pommeau tombe à terre et que la poignée se défasse, mais la lame ne quittera pas le panier grâce à cette pièce de métal. Cela m’a rassurée grandement.
- la réparation va coûter au moins 60$ can.

J’en ai profité pour qu’il examine mon épée une main de Tolède en Espagne. À la base de la garde, j’ai remarqué des traces d’oxydation qui sont, d’après plusieurs combattants, une trace de soudure qui n’augure rien de bon en matière de sécurité. Grosso modo, d’après L’Archevêque, il est probable qu’en défassant l’arme, celle-ci ne puisse pas se remonter sans réparation. Le pommeau pourrait être dévissé, mais si la soie est soudée comme la rapière, celle-ci risque de briser. Il est fort probable qu’un jeu de la garde sur la lame ait été présent et que celle-ci ait simplement été soudée à la lame pour éviter que celle-ci ne bouge. Malheureusement, l’armurier ne peut en être sur et m’a souligné que seul un combat pourrait éprouver la qualité du métal. Il m’a également souligné combien les épées sur le marché sont souvent de piètre qualité voire dangereuses pour certaines d’entre elles, occasionnant des bris multiples de la lame elle-même ou dans la poignée.

Comme le dit Carole de la Compagnie Médiévale: on ne fait pas du tricot, mais de l’escrime. Elle a raison.
Je crois qu’avec toutes ces précisions de L’Archevêque sur la qualité des lames… et les réparations possibles sur celles-ci… ses éloges face aux épées de Albion… je développe deux convictions:
1) Seules les épées Albion semblent être bien montées et sécuritaires jusqu’à présent. Elles sont dispendieuses, mais assurent une sécurité aux escrimeurs.
2) L’équipement de protection ne doit pas être négligé même en combat à la lame vive pour une démonstration à faible vélocité/intensité. Un bris peut toujours survenir (comme avec ma rapière) et on ne peut anticiper un accident, mais seulement le prévenir.

Cela me fait sourire, car ma naïveté m’a encore une fois rejointe aux Médiévales de Bégin. À l’automne passé, je soulignais combien la sécurité et les équipements de protection sont importants. J’en avais longuement discuté avec Patrick de Marchi et Gabriel Mailhot ainis qu’avec mes compagnons ici. J’ai écrit plusieurs articles à cet égard. Une fois le moment venu, lors du tournoi à Bégin, je me rends compte que j’escrime en duel amical avec Simon sans équipement de protection autre que mes gants. Je tire une leçon de cela… à chaque année, je me dis que je devrais mettre mon masque et mon bustier de protection… et je ne le fais pas. Pourquoi? Je crois que c’est par imitation et volonté de ne pas être marginalisée du groupe. Personne ne porte d’équipement de protection autre que des gants et des vêtements d’apparats aux Médiévales. Dès lors, la propension à en porter est très limitée, puisque l’on fait comme tous les autres par volonté de son fondre dans le groupe. C’est une erreur. Cette erreur est d’autant plus claire à la lumière des propos de L’Archevêque qui souligne la piètre qualité des lames et l’imprévisibilité du comportement de l’arme soumise aux pressions du combat.

Médiévales de Bégin

Posted in Journal d'escrime, Paragon on juillet 27, 2009 by nibelung

Cette année encore, nous nous sommes réunis à Bégin chez un frère pour escrimer en toute amitié. Escrimeurs d’un peu partout au Québec se sont réunis dans la joie et la bonne humeur. Il y avait sur place l’Ordre d’Aigval, ce qu’il reste de l’École Paragon récemment dissoute, des anciens de l’école Les Duellistes (Raoul d’Andrésy et moi-même), un escrimeur moderne, des amateurs de GN (maniement de la hache, de la hallebarde, de lames d’acier plus communément appellées flat bar).

Malheureusement, les intempéries ne nous ont pas permis de tenir un tournoi en bonne et due forme comme nous l’avions fait l’année passée. Nous avons seulement eu quelques échanges sous la pluie et durant les éclaircies qui ont parsemé le ciel par moments. Personnellement, j’ai trouvé cette fin de semaine très intéressante, car j’étais costumée en médiéval. J’ai escrimé en jupe à défaut de pantalons et de tabar médiéval. Aigval quant à lui était bien mieux équipé à ce niveau là :)

J’ai escrimé en duel inter armes avec Simon: épée longue Lichetenaueur de Albion contre une mortuaire de Han Wei. Les lames ont tenu le coup. Malheureusement, les chocs accusés sur la rapière ont amené les vis de fixation du panier de la mortuaire à se défaire… Une vis s’est complètement défaite et est tombée. Notre armurier, en tentant de la réparé a pêté une vis dans le pas de vis. Il a tenté de forer dans le pommeau pour réajuster le panier, ce qui a été impossible. Je soupçonne qu’il ait touché à la clef de retenue de la lame (qui doit demeurer bien vissée en tout temps).

Nous avons poursuivi les combats avec une vis de retenue du panier en moins sur la rapière… la vis principale de soutien de la lame s’est détachée sans que nous en ayons conscience. C’est en escrimant face à Simon et en entendant un “tic” que j’ai baissé immédiatement mon arme pour réaliser que la lame était en train de se désolidariser du pommeau!!!!

Alors je conviens avoir fait plusieurs erreurs de sécurité cette journée-là.
La première est certainement d’escrimer inter-armes épée longue/mortuaire. Ce sont des lames d’époques différentes et j’aurais certainement dû ne pas croiser le fer entre elles. Néanmoins, un tel duel a permis d’évaluer les techniques entre une épée une main et une épée deux mains. Je ne crois pas que ce soit une erreur fondamentale, puisque nous faisions déjà des duels inter armes entre épée une main et épée deux mains. Je crois que je me sens vraiment à mon aise avec une épée une main… je me demande si un cours d’épe courte serait indiqué pour moi. Je considère que d’escrimer contre un combattant avec une épée longue est un défi supplémentaire lorsque l’on a une épée courte en main, c’est très intéressant!
La seconde erreur de sécurité est certainement d’avoir demandé à l’armurier de s’occuper de mon arme. J’aurais dû m’en occuper moi-même, puisque celui-ci n’est pas habitué aux épées fines et de qualité. J’aurais dû suivre mon intuition et la réparer chez moi à mon aise avec l’aide de mon conjoint. Une succession d’erreurs a amené à un dysfonctionnement majeur pour cette arme, puisque la lame a fini par se désolidariser du pommeau. Heureusement que j’ai été à bonne école et que mon Maître d’Armes, Patrick de Marchi nous a enseigné à écouter et à prendre conscience de notre environnement, de l’arme que l’on manie. Cette écoute, ce “drill” m’a permis d’éviter le pire, que ma lame s’envole toute seule et que je reste le pommeau en main durant un mouvement. Heureusement, les spectateurs étaient sur la terrasse et assez loin de la lice… Mais il est évident que cela aurait pu être pire.
Finalement, la troisième erreur est certainement d’acheter des lames chinoises. Je ne crois pas que ces lames, bien que de meilleure qualité que les lames en vente dans les magasins médiévaux québcois, soient de bonne qualité. Je pense que les vis de soutien ne font pas l’affaire.

C’était le premier vrai duel avec ma mortuaire Han Wei… c’est déjà son dernier. Comme c’est regrettable pour une épée de plus de 300$!!! Je crois que Patrick a raison de souligner la qualité des armes de Albion… ma Liechtenaueur n’a jamais fait défaut au combat courtois ou en duel.. la lame est parfaite… elle laisse peu d’encoches, est sécuritaire et demeure une arme très belle à manier.

Autre point à soulever:
Il est clair que je vais me procurer un ceinturon et un fourreau pour tenir mon Albion en permanence sur moi. Je crois que c’est une erreur que de laisser traîner mon arme durant un tournoi. Certains escrimeurs se sont permis de manipuler mes armes à mon insu et sans mon autorisation. C’est quelque chose que je ne peux tolérer et qui m’insupporte grandement, car je considère cela comme un manque flagrant de respect face au porteur de l’arme. Il est clair que la façon de procéder chez Les Duellistes et à la Bannière Noire n’est pas universelle: lorsque je laissais mes armes au sol dans ces groupes, les escrimeurs n’y touchaient pas. Il s’agit là du moindre des respects. Je ne pense pas que d’autres groupes portent le même respect à l’arme et à son porteur… Je ne sais pas si c’est quelque chose qui est enseigné dans d’autres groupes/écoles.

Autre constat:
Simon me dit à présent que j’escrime davantage en “rentrant dedans”. Je crois que les discussions que j’ai eues avec Gabriel Mailhot et avec Patrick de Marchi au sujet de l’esprit de l’escrime m’ont grandement aidées à ce niveau. Il est clair qu’auparavant, je n’aurais jamais réussi à désarmer par deux fois Simon! lol :) C’est maintenant chose faite. Je crois que ce mûrissement cet hiver, même en l’absence de combats, m’a permis de raffiner ma conception de l’escrime et à ouvrir davantage mon coeur… à me déniaiser en bon québécois :)

Duel entre Simon et moi
Laurence en garde de boeuf demi-épée
Désarmement de Simon
ça, c’était le lendemain, pas de tenu médiévale alors :)

Musashi

Posted in Journal d'escrime, Réflexion on juin 21, 2009 by nibelung

En ce beau dimanche matin, je m’octroie une pause dans mon examen doctoral. Lundi, le comité d’évaluation composé de 4 professeurs va se pencher sur les deux parties écrites remises respectivement le 18 mars et le 19 mai 2009. J’aurai un premier résultat cette semaine sans doute. Si je réussi, je pourrai préparer mon dernier volet, l’oral de l’examen qui durera deux heures à présenter devant le comité. Inch’Allah comme on dit.
Je me repose. Donc je lis sur l’escrime.
Eiji Yoshikawa a écrit: “La Pierre et le Sabre”. Il y parle de Musashi, un samouraï japonais de 1645. Ce samouraï et maître d’armes a écrit le Gorin no Sho, ou livre des Cinq Roues (cinq anneaux ou encore cinq cercles selon la traduction). Ce traité escrimal aborde l’art de la guerre, le maniement des armes, dont le Katana et le Wakisahi dont Musashi était passé maître au maniement. Le wakisashi étant un katana plus court. L’histoire de Musashi a marqué le Japon féodal et son traité est instructif.

Le traité des cinq roues: http://abrahami.free.fr/ebooks/Trait%E9%20des%20cinq%20roues.pdf

Quelques phrases à méditer issues du traité:
“Avant tout, ne manipulez le sabre qu’avec la ferme intention de pourfendre votre adversaire”
“L’important dans la tactique est de connaître le sabre de l’adversaire, mais de ne pas regarder du tout ce sabre adverse.”
“Rendez votre esprit indécelable par les autres. Tous ceux qui possèdent un corps petit doivent avoir en esprit tout ce qui se passe dans un corps grand”
“L’essentiel dans la tactique est de voir ce qui est éloigné comme si c’était proche et de voir ce qui est proche comme si c’était éloigné”.
“Mouvement des pieds: bien qu’il y ait de grands pas ou de petits pas, des pas lents ou rapides, selon les cas, il faut toujours être comme en marche normale. Les trois plus mauvais mouvements sont: jambes toujours en l’air, jambes molles et pieds fixes”.
“Il y a cinq façons de se mettre en garde: sabre au-dessus de la tête, sabre dirigé en face de soi, pointe du sabre dirigé vers le bas, sabre dirigé vers la droite, sabre dirigé vers le côté gauche.”
“Que vous soyez dans n’importe laquelle de ces cinq positions ne pensez jamais que cela est pour vous mettre en garde, mais que c’est uniquement pour pourfendre.”

Cette partie là est très instructive pour moi, tout simplement parce que j’ai tendance à escrimer non pas pour pourfendre mais pour échanger et apprendre. C’est une erreur stratégique majeure je crois. Il faut que je conserve à l’esprit que dès que j’appose mes mains sur mon arme, mon seul but doit être de pourfendre l’autre… c’est une tactique fondamentale je crois que je ne possède pas. Voilà pourquoi je suis constamment en réaction et peu en action.

“Dans notre école, dès l’entrée on exerce la Voie en ayant constamment les deux sabres en main. C’est là la caractéristique de notre école. Lorsque nous rencontrons la mort en cours de
combat il vaut mieux que ce soit en utilisant toutes les armes dont nous disposons. Il est contraire à notre principe de mourir avec une arme inutilisée à notre côté.”
cette phrase est oh combien empreinte de bon sens.

“Même au plus fort de la mêlée d’une bataille, il faut rechercher les vérités de la tactique et bien réfléchir afin d’atteindre l’esprit immobile.”
Là, je rigole franchement, car je connais de nombreux compagnons d’armes qui considèrent que lors d’un combat, ni la technique, ni la tactique ne prévalent. C’est la force du combattant qui va lui permettre de remporter une mêlée. Personnellement, je trouve ceci ridicule. Je considère que seul le combattant qui a développé l’art de manier son arme en toutes circonstances a un avantage sur les autres. Cela vient par la pratique, l’observation et l’auto-correction je pense. Je ne crois pas que la force musculaire a un quelconque effet face à une lame agile qui devient intouchable mais qui désire estoquer à tout prix. Lorsque l’on applique avec force un coup, mon maître d’armes soulignait combien la parade la plus efficace est l’évitement par déplacement du corps et la riposte. Il a raison. Les japonais sont généralement de petite taille… et pourtant ils possèdent une grande force… alors de quoi parle-t-on ici, de force musculaire? Biensur que non. Il s’agit d’une force de l’esprit, d’une capacité à harmoniser et à concentrer notre énergie vers un seul point…

Je me souviens aussi des leçons reçues: ne pas m’attarder à l’arme de l’autre, mais me concentrer sur son coeur… sur sa poitrine, observer ses déplacements, déchiffrer ses intentions… Musashi va plus loin ici en soulignant combien notre propre esprit doit être infranchissable, opaque à toute lecture de notre adversaire… pour ne pas révéler notre jeu escrimal. C’est passionnant. Je suis très loin de ça en ce qui me concerne. Il me faudra encore pratiquer sans relâche pour approcher cela. hum.

“En discernant les intentions de l’adversaire et en utilisant des rythmes variés on obtiendra la victoire d’une façon ou d’une autre.”
“Une fois que l’on tient un sabre le but à atteindre est de pourfendre l’adversaire de quelque façon que ce soit. Même si l’on intercepte, cingle, érafle, colle et cogne le sabre adverse qui s’apprête à nous pourfendre, tout est occasion de pourfendre l’adversaire. Sachez bien cela. Si vous pensez à intercepter, cingler, érafler, coller et cogner le sabre de votre adversaire alors vous manquerez de le pourfendre. Il est important au contraire de penser que tout est moyen de pourfendre.”

“Lorsque nous nous apprêtons à attaquer, l’adversaire se recule vite et reprend rapidement sa tension. Dans un tel cas, feignez d’attaquer. Alors, l’adversaire sera tout d’abord en tension mais il se relâchera ensuite. A ce moment-là il faut attaquer sans délai.”

“cherchera à vite reculer, à vite se dégager, ou bien à vite se débarrasser du sabre adverse en le cinglant. Dans ce cas, il faut élargir corps et esprit, manier le sabre après le corps, lentement et comme le flux.”
Ceci vient en contradiction directe avec ce que j’ai appris où, selon les manuels européens, lorsque l’escrimeur est trop proche de toi et que tu as une épée longue, il est possible d’entrer en lutte. Ici, le maître japonais nous enseigne à maîtriser l’art du maniement de l’arme en combat rapproché également. En ce sens, il ne faut pas se désaisir de notre épée, mais savoir la manier même dans un combat rapproché.

“Lorsque votre sabre et celui de votre adversaire sont de même force et bloqués, dans leur enchevêtrement il est important de toujours rechercher à piquer le visage de votre adversaire de la pointe de votre sabre. Si vous recherchez à piquer son visage, alors il rejettera sa tête et son corps en arrière. Si vous parvenez à ce que votre adversaire rejette sa tête et son corps en arrière, alors vous aurez plusieurs occasions de parvenir à la victoire.”
Ça, c’est génial, car en combat, lorsque je ne vois plus d’ouverture, j’ai tendance à reculer et à reprendre une garde. Mais Musashi me convie à tout autre chose: tenter de piquer l’autre au visage pour amener chez lui un réflexe d’évitement. C’est brillant, car durant cet évitement, il est vulnérable et je peux l’estoquer.

“Au centre d’une mêlée
Je veux parler ici du cas où vous êtes seul face à plusieurs adversaires. Tirez votre sabre et votre petit sabre et mettez-vous en garde en étendant largement et à l’horizontale vos sabres de chaque côté de votre corps. Même si vos adversaires vous attaquent sur quatre côtés cherchez à les pourchasser dans une seule direction. Sachez bien discerner parmi vos adversaires les premiers attaquants de ceux qui suivent et passez à la contre-offensive vivement en commençant par ces premiers attaquants.”

Pause

Posted in Cepsum, Journal d'escrime, Réflexion on mars 14, 2009 by nibelung

Un mot écrit à la hâte.

J’étudie pour mon examen de synthèse doctoral pour le moment. Il se déroule sur trois mois:
- partie 1: répondre à une question conceptuelle. Le dépôt est le 18 mars 2009.
- partie 2: présenter mon protocole de recherche au jury d’examen. Le dépôt est prévu fin mai.
- partie 3: présentation orale des deux parties précédentes vers la fin juin.

En attendant, dans l’adversité, j’ai décidé de suspendre mes cours d’escrime.
Je focalise toutes mes énergies sur la réussite de mon examen qui boucle mes deux premières années de doctorat.

Je compte reprendre l’escrime en avril ou au mois de mai.
Néanmoins, je poursuivrai des activités escrimales sporadiques avec mes frères dès que je le pourrai, mais aussi des réflexions escrimales dans le présent journal.

Leçon du 16 février 2009

Posted in Cepsum, Journal d'escrime on février 16, 2009 by nibelung

Ce soir, je rentre avec le sentiment du devoir accompli malgré un mal de jambe persistant. Disons que mes muscles s’habituent tranquillement aux déplacements propre à l’escrime moderne. Je dois aussi fonctionner avec une toute petite garde ronde au lieu d’un large quillon dont je peux me servir pour parer les coups. Tout cela constitue la découverte d’un nouveau monde!

Exercice d’agilité:
Notre adversaire lache son fleuret et on doit l’attraper avant qu’il ne frappe le sol en exécutant une fente.

Gardes:
Sixte (haute)/ Octave (basse)
Quart (haute)/ Septime (basse)

La garde sixte que je tiens de la main gauche: je dois viser l’épaule du droiter, mais le coeur du gaucher. C’est pas mal déboussollant car la prof est droitière et la finesse dans l’exécution d’un exercice est différente… il faut constamment que je pense à l’envers. Huuum.

Techniques apprises:
Battement sur la lame de l’adversaire pour dégager la ligne escrimale et introduire une estoc avec une fente.
Dégager la lame par un mouvement de sixte vers octave ou de sixte vers septime et puis revenir avec une estoc en fente.

Duels:
À la fin de chaque séance, nous avons une période de duel avec un arbitre. C’est intéressant, car cela amène une dynamique différente où l’on applique directement les exercices vus avec davantage de dynamique et de mouvement.
L’arbitrage est complexe néanmoins. Au fleuret, seul le tronc doit être visé et compte comme touche. Le reste du corps ne compte pas si on le touche. Il s’agit d’un système complexe, car il faut d’abord avoir priorité pour que la touche compte.
Aussi, le système d’arbitrage est pas mal différent à l’escrime ancienne: absence de piorité, intention du geste mais pas de touche, coup mineur versus coup majeur, droit de réplique de 3 sec après un coup majeur, lice en cercle ou en rectangle. À l’escrime moderne, c’est tout autre: obligation de touche, zones de touches varient selon l’arme utilisée, priorité de touche, lice en corridor, etc. J’ai encore beaucoup à apprendre, aussi je me fiais sur l’honnêteté des participants en matière de touche :)

J’aime l’escrime. Il y a quelque chose de noble et de beau dans les mouvements que je peux exécuter… pour le moment, je suis loin de tendre vers la perfection lol. J’essaie encore de faire des fentes qui ont de l’allure héhééhé, mais cela viendra!